1 ERE ADHESION  SAISON 2021
Thierry JAMIN a la fibre
 
Thierry JAMIN a la fibre02-03-2021

Thierry JAMIN a la fibre

 ... synthétique ! 

Dans une période qui voit notre club renouveler et enrichir son lot de perches, Thierry, coach référent des Benjamins du CA BALMA, nous gratifie d'un de ses nombreux textes dans lesquels érudition rime avec passion et humour avec calembour.

Texte de Thierry JAMIN

Fibre sainte éthique vous avez dit

Les athlètes vivent avec les progrès de la science et notamment de la chimie ce qui leur permet de profiter des dernières avancées les plus notables. Nous ne parlerons pas ou si peu de la fibre patriotique qui a peu de rapport avec la technologie encore que...

Oh certes l'histoire et la mémoire nous rappellent la mise au point, parmi les premières fibres synthétiques, du Nylon, au moment de la seconde guerre mondiale, par du pont de Nemours et la confection de bas moins sensible que la soie à l'effilochage et qui fit le succès des GI après le débarquement auprès des populations féminines.

Ca changeait de s'être teint les jambes aux marc de café et d'avoir tracé la couture du bas sur le mollet au fusain.

La rayonne allait suivre, la viscose et bien d'autres basées sur des polymères de plus en plus technique, résistant pour la mise en œuvre de vêtements adaptés à la pratique sportive.

Les tenues en Lycra sont particulièrement seyantes (et pas saillantes)  car souples et déformables mais aussi élastiques.

Bref depuis les bas on a été tiré vers le haut , pas par les bras mais par la recherche et les applications en faisant passer par des filières des chaines polymériques allongées et susceptibles d'être tissées dans différents motifs.

On a obtenu avec le goretex un tissu transpirant et respirant qui élimine la vapeur d'eau de la transpiration mais du fait de la nature même du matériau (un analogue au Téflon ou PTFE ) ne laisse pas passer l'humidité de la pluie. De la à penser que le passager de la pluie c’est Gore ?

Que dire des micro fibres qui font florès, au toucher si doux et presque duveteux.

Le regretté prix Nobel de chimie Pierre Gilles de Gennes a longtemps travaillé sur la dynamique moléculaire de ces « plats de spaghettis », dont la reptation et les interactions jouent un grand rôle dans les propriétés mécaniques et donc la mise en forme selon la température et les efforts physiques notamment lors de l'extrusion de fibres.

Le kevlar est arrivé à point nommé pour nous tirer sur la couenne et que dire de l'élasthanne qui sans tanner le cuir l'assouplit.

Mais pourquoi parler d'éthique dans ces conditions, sans doute parce que les avantages comparatifs procurés par certains tissus ont rapidement posé des questions sur la limite de leur emploi.

Rappelons nous les combinaisons des nageurs qui ont été limitées à leur plus simple expression parce que l'effet peau de requin avait pour effet de limiter la couche limite de l'eau à la surface du tissu et de diminuer les frottements améliorant l'efficacité de la nage et les performances.

Il n' y a certes pas que des fibres et des tenues qui ont retenu l'attention, mais on a rapidement condamné toutes sortes d'artifices qui aurait pour effet d'améliorer la performance de manière injuste comme une sorte de dopage « technologique » avec un avantage injustifié.

Mais bon on a quand même accepté la fibre de verre, la fibre de carbone et maintenant de Kevlar pour confectionner des perches de saut car avec le bambou le record de Wassermann est resté bloqué à 4,73 m ce qui est formidable en soi mais ne permettait pas de plier assez la gaule.

La possibilité de prendre d'énorme levier et de maitriser les paramètres de dureté des perches selon son poids et sa vitesses, sa capacité à emmagasiner le maxime d'énergie pour bénéficier de l'effet de renvoi a été optimisé et explique en partie les records actuels qui ont atteint des sommets vertigineux depuis une vingtaine d'année.